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a première fois que je suis entré dans une imprimerie
je fus intimidé mais aussi fasciné par le bruit des machines
offset, qui marquaient le rythme du travail de l'atelier.
Mon père travaillait là, et grâce à son influence certains dessinateurs
de son entreprise m'initièrent à la profession. C'était en 1982.
Durant plusieurs années je fus dessinateur dans l'imprimerie.
Une fois mes études terminées, j'intégrai la rédaction
des journaux en tant qu'illustrateur, graphiste et directeur artistique.
Durant toutes ces années de travail, j'eus la chance de rencontrer des
personnes qui souhaitaient vraiment me voir apprendre et me
développer. Connaître les couleurs, les proportions, les types
de lettres, de papiers, avoir le sens de la qualité, de la patience,
et tout ce qui fait de nous des professionnels.
Après avoir acquis beaucoup de savoir-faire différents dans
ma profession, j'ai décidé de me dédier à la calligraphie,
cette activité qui demande patience, passion, goût et plaisir.
Tous ces ingrédients je les ai mis dans ma pratique lorsque
j'ai commencé à produire des oeuvres calligraphiques
en lettres gothiques, fraktur, bâtardes, lombardes,
onciales, insulaires, hebreu... et à tracer
avec ma plume sur le papier tout ce que mon esprit imaginait.
Un exercice pour l'âme : interpréter un texte pour le retranscrire
comme un objet unique en diverses langues.
Voilà mon travail !
Et la même fascination que je ressentais enfant
devant ces machines d'imprimerie, tout le monde peut la
retrouver de nos jours en contemplant un travail de calligraphie.
Depuis que j'ai commencé à écrire je ne peux plus
m'arrêter et je ne me lasse pas de reprendre et de
réinventer chaque jour chacune des lettres de chacun des
alphabets à l'aide desquels je crée mes oeuvres calligraphiques.
 

e pensais commencer en parlant uniquement de mon travail, établissant pour ainsi dire une espèce de mode d'emploi ou de glossaire, mais il m'a paru plus sensé de parler aussi de certaines de mes idées sur le monde, principalement pour que ceux qui désirent comprendre mes oeuvres puissent aussi comprendre une partie du concept qui inspire leurs réalisations.

A travers les siècles et dans toutes les civilisations, sans distinction de race ou de croyance, des scribes et copistes, silencieux et attentifs, aux mains habiles, fidèles et patientes, nous ont transmis avec leurs instruments de calligraphie, des textes sacrés, faits historiques, histoires d'amour et de poésie, légendes inoubliables, traités de paix, sciences et lois. Ce sont là les piliers de la connaissance humaine, des clés d'accès à la connaissance nécessaires pour comprendre notre existence, pour que, l'œil attentif devant de beaux manuscrits du passé, nous puissions préparer les lendemains ou voyager dans un monde de rêves... même pour quelques instants.

C'est avec des réflexions de ce genre qu'un jour, tandis que je contemplais certains de ces manuscrits il y a plusieurs années, je décidais de me lancer dans le voyage de retour au passé (mais sans retour) que je réalise aujourd'hui, entre le réel et l'imaginaire, au travers de la connaissance humaine dans toutes ses époques; en réécrivant ce qui a déjà été écrit, en retraçant les idées passées mais marquantes pour moi, en repensant ce qui fut déjà pensé, en cherchant à ressentir en moi même les mêmes sensations que mes prédécesseurs avaient pu ressentir, non sans une certaine nostalgie. Je navigue sans fin par des dizaines de textes, je m'aventure entre les phrases, parfois sans les ressentir immédiatement, mais après une profonde réflexion je me sens en présence d'une sagesse supérieure qui me donne le sentiment d'être un enfant avide de savoir.

Et comme j'ai des doutes sur tout dans la vie, y compris sur moi-même et sur mes limites, je me considère curieux de comprendre l'inconnu pour découvrir les autres versions de notre existence, comme j'aimerais connaître les divers aspects d'une même question, les secrets de cette vie, je plonge dans le passé à travers les manuscrits, les livres, cherchant à tout découvrir en eux, tous les détails ; recopiant les questions, les énigmes, les réponses ; transcrivant les pensées d'autres plus audacieux que moi. Et comme je ne sais pas si j'ai beaucoup d'années de vie devant moi - je crois que lorsqu'on ne pense pas à la mort on est irresponsable avec la vie, oubliant de réaliser des projets dignes de notre passage sur cette planète - j'occupe mes journées penché sur des livres et leurs textes parfois longs mais envoûtants ; oui je m'y plonge de manière intense, attentive et pleine d'intérêt. Je les fixe de mes yeux tranquilles : contexte après contexte, ligne après ligne, je m'alimente peu à peu du savoir qu'ils me transmettent, je les absorbe en cherchant ainsi à sentir l'essence de ces époques et de leurs idées, cherchant à appliquer certains des enseignements passés à la réalité d'aujourd'hui, de mon temps, ou bien je me transporte en imagination pour ensuite représenter ces idées à travers mes œuvres.

Ah! Tous ces manuscrits préservés jusqu'à aujourd'hui, textes qui se sont transformés en clés ; clés qui sont de grands mystères ; mystères qui se révèlent quand nous les analysons en profondeur ; véritables lettres ouvertes et exposées aujourd'hui à la vue de tous, qui conservent de grandes histoires.

Tout ceci me fascine, implique tout mon corps, toute mon âme, tout mon temps. Tous ces textes, ces beaux textes, je les cherche, fasciné par tous ces lieux où ils ont encore leur espace et je les admire, je les transcris : en français, en latin, en portugais, en anglais, en hebreu, en... les comparant les uns aux autres, tentant par mes réflexions de me mettre au côté de leurs auteurs pour comprendre leur élaboration ; je fais ceci sans me préoccuper de l'heure, comme si le temps était ma demeure, mon seul lieu d'inspiration. Je les estime comme un grand trésor, mon trésor, faisant d'eux mon secret caché.

Et après avoir terminé mon étude, je trace sur un papier l'espace où sera reçu le texte choisi, tant apprécié, dont je vais être l'interprète. J'imagine le texte terminé, confortablement installé, parfois illuminé, plus tard admiré, que je vais reproduire. Et c'est ainsi que je commence la calligraphie au moyen de gestes simples et engagés, sur le support, avec ma plume, dans la lettre que j'ai imaginée pour lui. Mais quelle lettre est-ce que je choisis à chaque création calligraphique ? Je choisis la lettre qui répond à mon inspiration du moment, la lettre exacte, dans la taille exacte ; la lettre qui parle à mesure que mes mains recopient les mots, les phrases entières. C'est pour moi une démarche spirituelle.

Je crois en l'esprit et au spirituel !

Ma création est un état d'esprit ! C'est vrai, mon travail est conceptuel, spirituel, intellectuel, parfois sensuel, poétique et souvent rempli de contrastes. Il est insignifiant pour certains et intéressant pour d'autres. Pour moi en attendant, il est mon "moi", ma meilleure forme d'expression, ma sensibilité en éruption, mes idées en marche. Il est mon intimité dénudée, la forme que je cherche à donner à la vie, à l'esthétique du féminin, à mes poésies. Le reste ce sont mes études pratiques sur le monde, sur mes erreurs et réussites, ce sont les connaissances que j'ai acquises par la culture humaine.

Je suis un lecteur compulsif, un passionné de livres, d'histoire, d'art, de communication, d'archéologie, de spirituel... connaître les phénomènes de cette vie m'intéresse. Et ces livres et disciplines dont je parle, m'accompagnent depuis ma plus tendre enfance et ils ont aidé à solidifier ma propre idée de la vie naturelle et spirituelle.

J'éprouve une vénération particulière pour nos écritures occidentales et les langues qu'elles représentent, vénération pour la littérature et l'art sous toutes ses formes, pour le pouvoir de création de l'être humain, pour la science comme complément et non comme centre de toutes les réponses - ce que certains aimeraient nous faire croire de nos jours.

Pour en revenir aux livres, ce n'est pas seulement dans leurs pages que j'apprends et ai appris, non, il y a aussi les gens. Je parle de ceux que j'aime bien ou qui s'intéressent à moi, les gens âgés aussi... enfin ceux que je considère comme sages. J'apprends à travers leurs conseils ; je crois qu'il est bon de donner et d'accepter des conseils. J'ai appris auprès de tous les professionnels que j'ai connu qui ont su partager et échanger avec moi leur savoir, leurs réflexions et leurs expériences et m'ont ainsi aidé à améliorer mes connaissances. Ils m'ont poussé à faire des recherches, à construire certains projets ; ils m'ont aidé à décider ce que je souhaitais faire dans la vie d'une manière pratique. Tout cela me donne aujourd'hui une autonomie, une autorité et une détermination dans mes choix professionnels.

J'ai appris à rêver et à désirer parfois un monde culturellement élevé, plus humain, plus juste, plus intelligent, plus poli et moins formaliste (on ne doit pas confondre éducation et formalisme)... même quand l'ignorance et la mauvaise volonté de certains tentent de me convaincre - sans succès - d'abandonner mes rêves ; même si j'ai l'impression parfois d'être utopiste et obsolète... je rêve et je continue à rêver jusqu'à aujourd'hui ! Je continue à rêver parce que je crois (pour citer Ariano Suassuna) que la culture a des anticorps.

Et c'est quand j'habitais en banlieue parisienne que j'appris - en regardant les oiseaux qui se posaient sur ma fenêtre : libres, contents, compagnons de chaque jour (une de mes sources d'inspiration) - à voler par l'imagination, à oser, à m'aventurer au plus intime de moi même, à la recherche de réponses ; à établir mon propre monde, à structurer et renforcer mon petit atelier, avec pour compagnons les mots dont l'écho retentissait dans l'air du printemps; des mots remplis de force qui remplissaient mon âme de réponses, de thèmes les plus variés, de réflexions, de thèses quelquefois absurdes... Et pendant ces instants je pensais aux petits êtres qui joyeux et malins, préparaient leurs nids. Ces moments étaient pour moi magiques, je contemplais cette scène comme quelque chose de parfait, d'extraordinaire, comme un miracle de l'existence, sans savoir si je verrais à nouveau un tel événement, tellement fantastique, tellement... génial ! Alors j'arrêtais mon travail et je sortais marcher un peu, dans les rues de la Garenne-Colombes, de Paris, sur les places, jardin du Luxembourg ; prenant le RER, parfois le train SNCF, le métro parisien, entrant dans les files et couloirs humains qui se forment partout (cette éternelle souffrance humaine) ; gare St Lazare, station les Halles... l'esprit ailleurs, voyageant dans mes idées, dans ma façon de voir le monde, passant inaperçu au milieu de la masse, avec mon état d'esprit qui n'appartient qu'à moi.

Ecrire c'est laisser une trace de soi.

Les textes écrits fixent définitivement les réflexions de l'homme, résultat de l'organisation et de l'association d'idées qui en elles mêmes sont un mouvement purement mental et dissocié de la matière. Ainsi, en transcrivant les textes, je matérialise des réflexions humaines. Je leur donne un corps physique et visible. Je les exécute avec l'ambition de leur faire outrepasser les limites du temps car une œuvre d'art est faite pour durer.

Mes œuvres sont présentées par moi-même sur une matière durable et permanente et constituent la préservation de la connaissance, tout à fait comme une image ou un tableau représentant le discours.

J'ai un respect particulier pour le Libre Arbitre, principalement celui des autres, et ceci constitue le premier de mes commandements dans les relations humaines.

Nous avons tous droit à l'amour, à la sexualité, à la pudeur, à la liberté, à l'intimité, au respect, à penser ce que nous voulons de tout et sur tout ; le droit de nous exprimer librement ; de croire ce que nous voulons croire sans entraves, et également de ne rien croire de tout ce que les autres nous présentent ; le droit de nous sentir quelqu'un, de nous sentir désirés, d'avoir une valeur propre, d'être vus, d'être connus ou inconnus de tous ; droit à la timidité ; droit d'exprimer notre plus intime désir et de désirer l'autre que nous aimons - corps et âme - avec le meilleur de nous même, sans souffrir du jugement des tiers à cause de nos choix. Oui, le droit d'exprimer tout ce qui se trouve en nous ; en notre cœur, dans notre entendement. Droit de croire en Dieu, d'être citoyen, de défendre, de dépendre et d'être protégé par l'Etat et droit d'être un homme libre de ses idées, qui pense différemment des autres et de ce même Etat, de pouvoir manifester cela ouvertement sans se sentir persécuté ; ou de partir ailleurs vers d'autres terres et d'autres cultures, où l'on défend ces mêmes idées sans rencontrer de barrières dans son voyage.

J'en profite pour dénoncer ici l'abandon des plus faibles d'entre nous qui vont à la ruine sans recevoir aucun soutien ; la dispute des plus forts pour un monde qui devrait appartenir à tous ; l'intolérance et l'indifférence devenues des attitudes normales dans la société d'aujourd'hui ; l'injustice sous l'apparence de la justice qui détruit la foi de certains ; oui, je dénonce la guerre froide entre des gens d'une même société, d'un même peuple, d'un même cours, d'un même métier, d'une même famille... dans une espèce de concurrence inhumaine pressée et acharnée où chacun de nous veut surpasser autrui pour acquérir les meilleurs places dans son milieu, au travail, dans les groupes, dans le coeur des proches... pour découvrir à la fin de nos vies que nous ne sommes arrivés nulle part, que nous n'avons rien... que nous sommes tous égaux ! Je me demande comment nous en sommes arrivé jusque là ?! Ces choses me touchent profondément et affectent mon art.

Je me réalise dans mon travail et j'extériorise sur le support tout ce que mon état d'esprit me fournit dans mes moments d'inspiration. Ma calligraphie est mon instrument de travail et c'est à elle que je consacre mon temps, ma discipline, ma connaissance. A travers elle je donne forme à tout ce que mon esprit entend par idéal et beau ; je fais cela des dizaines de fois si nécessaire, dans un rituel incessant, car cela me fait plaisir, cela me réalise, c'est cela mon monde.

J'ai appris à avancer seul, traçant ma route avec confiance, en D.ieu, en moi, en mon travail et en l'avenir. Soyons rationnels, personne n'a besoin d'anéantir l'art des autres pour exister ou atteindre son succès personnel ! c'est le travail qui nous donne la dignité et la reconnaissance méritées dans cette courte vie, et au delà d'elle. Je travaille dur ! Tous les jours ! Avec discipline et espoir de voir avec le temps le résultat de mon travail. Et en ce qui concerne le temps, ce temps qui occupe mes journées, je l'utilise pour calligraphier, réaliser mes oeuvres dans mon atelier, découvrir les nouveaux livres dans les librairies où je passe: à Paris, à Strasbourg, à Bruxelles... essayant d'apprendre, de comprendre les vérités des autres, mettant en avant les miennes, parfois, après tout qui détient la vérité absolue ?

Et pour continuer à parler de ce que je pense des positions différentes de la mienne, je crois aussi à un monde où les forces s'opposent, à la diversité culturelle entre Orient et Occident - où les différences revendiquent avec légitimité leurs droits.

Je crois à l'attraction du clair et de l'obscur ; à la nécessité absolue du contraste dans chaque chose, parce que cette vie est faite de contrastes ; pleine d'oppositions nécessaires. Je crois à la diversité des opinions et que les différences sont importantes pour l'équilibre de notre société et pour sa propre survie. De la même façon que la nuit et le jour sont essentiels dans ce monde où le clair et l'obscur cohabitent en équilibre. Et c'est pour cela que j'utilise dans mes oeuvres le rouge : de l'amour, des passions, de la vie ou comme représentation de la perte, de luttes sanglantes et de tragédies, en opposition et équilibre avec le noir : comme marque permanente des idées humaines ou, parfois, des sentiments et situations obscurs.

L'artiste est un être de tout temps, il se situe dans toutes les époques, il est sensible à tous les changements autour de lui et contemple toute l'humanité.

Je vis avec mon temps et je tente de représenter mon travail d'une manière actuelle, mais je ne suis pas prisonnier de mon époque comme d'une bulle. Au contraire, j'apprivoise le passé qui se présente à moi dans les couloirs de l'histoire, décortiquant des réalités qui sont vivantes et présentes encore aujourd'hui au milieu de nous ; des modèles et des principes : politiques, culturels et religieux, qui sont humains et universels ; qui firent ou font partie des civilisations de tous les temps car ils sont comme des miroirs qui reflètent une lumière sur notre monde actuel, ouvrant des portes, nous aidant à régler notre conduite, en consolidant nos valeurs, en structurant notre société, en éternisant à travers des générations, des concepts, des idées et des faits. J'ai aussi mes propres concepts et je les expose dans mon travail avec les matériaux dont je dispose aujourd'hui et de la façon la plus appropriée et cohérente pour notre époque.

Je ne sais pas tout, mais je veux tout savoir !

Et comme notre langage a besoin d'être extériorisé et fixé ; comme les cris de notre âme ainsi que nos idées et passions ont besoin d'être vus et contemplés par le monde extérieur, pour la satisfaction de l'esprit humain; pourquoi ne pas travailler les signes qui représentent et répondent à ce désir humain normal et juste ? C'est en cela que consiste mon travail de recherche et d'interprétation d'ouvrages anciens: je représente les idées et aspirations de l'âme de leurs auteurs à travers ces textes considérant ce qui nous a été transmis comme quelque chose de spirituel, qui communique avec notre esprit ; identifiant dans la forme corporelle des caractères, l'esprit matérialisé qui préserve en lui même le son et la force du message conservé ; et ainsi je révèle avec ma plume l'âme du texte, vif et parlant, mobile et présent, qui communique à notre âme le sentiment spirituel de ce qui nous a été légué.

Les lettres, ces petits signes qui changent de contexte et d'idées à chaque fois que cela devient nécessaire, qui nous touchent tout au fond de nous mêmes avec des messages que seul le cerveau ou le coeur peuvent déchiffrer ; se regroupant pour former des syllabes, des mots, des phrases ; se transformant en langues diverses, changeant de sens, nous révélant des secrets, nous orientant et nous donnant droit à une réflexion profonde sur nos désirs et la raison d'être ce que nous sommes. Les lettres donnent un sens au sentiment, au cri, aux larmes, aux sanglots, à la joie, à l'amour, au soulagement, à ce qui est humain, à ce qui est légitime en nous !

Ces petites lettres magiques, pleines de personnalité, d'individualité et de force d'expression, qui en prenant des formes différentes, que ce soit Rustiques, Onciales, Carolines, Gothiques : primitives, textures, rotondes, fraktur, flamandes ou bâtardes, nous donnent la sensation de vivre un autre temps, une autre époque ; de capturer l'histoire, de pouvoir faire partie d'elle. Des lettres qui me fascinent à chaque sujet et que je cherche à isoler pour leur donner une valeur adaptée à leur individualité. Je pourrais les calligraphier et les représenter jusqu'à mon dernier soupir. Cela serait un plaisir pour moi !

Et pour continuer à parler de ma calligraphie, de ce véhicule qui me rend complice de l'histoire, elle est un outil que j'utilise aussi pour réaffirmer mes convictions et croyances, que j'emploie pour extérioriser et représenter mes concepts de manière visuelle et artistique ; avec l'aide de textes que je considère comme excellents. Elle est le recours dont je dispose et que j'utilise pour partager avec qui aime mon travail tout ce que je m'efforce de décrire. A travers ma calligraphie j'ai la certitude que mon monde peut être divisé, contemplé, admiré ou critiqué.

Dans mon travail calligraphique, les lettres anciennes ne sont pas de simples alphabets perdus, faisant partie du passé, des pièces de musée, sujets de paléographie. Elles ont la valeur qu'elles méritent, l'importance qu'elles doivent avoir.

Avec ma plume en main, libérant délicatement l'encre sur le support, les mots ressurgissent un à un, côte à côte, laissant l'imagination être ma propre limite, la frontière qui me dit où m'arrêter. Mais dès que ce travail est terminé, je passe à un autre, car il y a pour moi urgence dans l'instant ; dans cet instant complètement possédé par l'inspiration qui m'emplit tout entier. J'ai besoin de cela, c'est pour moi comme respirer, c'est un vice qui alimente mon âme. J'ai besoin de l'urgence du "maintenant", de l'inspiration qui exige une pleine satisfaction, un résultat ; besoin de cette inspiration qui comprend les gémissements les plus intimes de mon désir de créer et me domine, qui, dans le silence le plus intense où tous dorment, me réveille et me présente une autre version de la même idée, une autre conception de la forme à extérioriser ou une simple observation pour dénoncer les erreurs que je commets. Je dirais encore que la calligraphie est le moyen par lequel certains de mes désirs s'expriment, je me délivre à travers elle, je m'exprime, je propose, j'expose, j'enquête, je questionne, je réfute, j'acquiesce... et des dizaines d'adjectifs mélangés à des verbes rempliraient des pages entières pour parler de cet art qui a un espace spécial dans ma vie.

Et pour mieux voir une de mes oeuvres calligraphiques, il est nécessaire de s'éloigner des apparences, du présent, de la mécanisation contemporaine de notre alphabet. Eviter les comparaisons. Voir l'ensemble, le tout, comme une unité inséparable, voir ses formes, comprendre son contenu de manière spirituelle, la voir avec des yeux sensibles et tranquilles. Il faut se situer entre le passé et la conservation des idées, qui n'est pas toujours bien appréciée par notre génération qui aime tout changer, qui est obsédée par le jetable... Pour comprendre mes oeuvres il est nécessaire d'adopter les mêmes valeurs que ceux qui n'ont pas pour ennemi le temps... Il est nécessaire d'aimer les lettres, l'écriture, la plume, le calame, l'histoire, le temps...

Lorsque je suis inspiré, je ne connais plus mes limites et, plein d'imagination je commence à ébaucher, à tracer avec ma plume, pour me réaliser dans la création.

Mais dans mon travail je n'invoque pas seulement les textes ; l'histoire et la littérature ; les légendes et les faits ; les croyances et les manifestes... Dans mon travail j'ai aussi un espace réservé à la représentation du corps, spécialement le corps féminin avec ses belles courbes parfaites, qui est une des formes de la beauté qui donne du plaisir à l'esprit humain. Et d'ailleurs, pourquoi ne me souviendrais-je pas de la femme dans mes calligraphies ? La femme qui change le cours de l'histoire quand elle le désire ? Qui avec des gestes tendres, délicats, pleins de grâce et de séduction, rend le monde plus parfumé, la beauté essentielle, les hommes ambassadeurs de paix ou conquistadors implacables. Je les représente dans mon travail avec la même émotion que me causent les autres thèmes qui m'inspirent. Je transcris sur le support leurs gestes enchanteurs, féminins et majestueux qu'il n'est donné qu'à elles seules le droit de posséder, je les représente avec l'originalité féminine dont sont privés les autres êtres. Ce sont des femmes sans visages, sans condition sociale, sans niveau d'étude, sans profession... sans que rien de tout cela n'ait d'importance. Elles sont imaginaires, sensuelles, belles à mes yeux. Grosses ou maigres, grandes ou petites, elles sont dans mes créations comme la représentation du beau, comme l'extériorisation de l'aspect fascinant de l'esprit humain, comme moteur d'inspiration pour ceux qui désirent l'amour, car sans cette image de femme, ainsi, consciente du pouvoir qu'elle libère, il ne peut exister d'amour, de poésie, de désir, de conquête, d'enchantement, de romance, de sens ni de raison à la vie d'un homme. C'est de cela aussi que parlent les poèmes que j'écris et qui les accompagnent.

Mon amour des grandes idées, des idéaux, de la femme, de la sensualité, des contrastes, de ce qui est manuel, de l'intellect ; de l'être humain ; de ce qui est légitime et juste, des passions ardentes ; de l'opposition positive ; d'un monde meilleur, constitue la matière première d'où j'extrais le contenu nécessaire pour donner forme à ce que je prétends montrer dans la représentation conceptuelle signifiée par mon travail.

Cet art qui est pour moi comme un véhicule par lequel je dirige mes idées, où je laisse couler mon inspiration, mes sentiments - parfois inquiets, mélancoliques, pleins d'espoir, contradictoires, passionnés, amants, firmes, rigoureux, pêcheurs, curieux, admirateur - par où j'exprime mes sentiments en relation à la représentation du monde extérieur autour de moi, devant moi. Cet art où la main ferme et libre je donne la forme que je veux à la femme ou au sujet que je contemple et admire ; à travers le trait, à travers les couleurs.

Et je ne pourrais pas terminer ce texte sans parler auparavant de la plume patiente qui me sert, qui m'accompagne, qui m'obéit silencieusement et qui ne se fatigue pas de tout recommencer à chaque fois que mes yeux disent ne pas aimer le résultat; sans parler de la détermination de cette plume à me suivre dans les mouvements les plus variés à la recherche de la perfection, de l'équilibre, de l'harmonie, de la symétrie, de ce qui est correct, aligné, cohérent, beau, idéal, conceptuel, esthétique, profond, sensible, légitime ! Donnant forme partout où elle passe à tout ce que mon imagination conçoit ; réalisant des lettres, les plus belles pour moi...

Je prends la plume, je choisis un alphabet, je charge la plume d'encre, je sens la plume, je déplace la plume, je trace avec la plume, je fais des cercles avec la plume sur le support, je regarde l'épaisseur du trait de plume, je monte avec la plume, je descends, je trace à droite, je trace à gauche, je m'arrête, je continue, je retourne en rythmes élégants, j'imagine, je m'exprime, je danse un ballet au travers des traits réguliers, je change de couleur d'encre, de plume, de lettre, je change la direction en traits irréguliers, en traits contraires, je sens la musique invisible que l'harmonie des lettres créent, je m'arrête, je relâche le bras, je lis à nouveau le texte que je transcris, j'analyse en silence, je le comprends, je le conteste ou lui donne mon accord, je le compare avec le texte calligraphié, je recommence, je prends la plume, j'invente, je crée, je me trompe, je m'arrête, je recommence, je m'arrête, je repose encore une fois la plume, je regarde l'espace infini du support, je lève les yeux, je contemple le vide autour de moi, je pense, j'imagine, je me transpose dans un autre monde, je reviens, je calcule, je décide, j'ose… je prends à nouveau la plume, je choisis un alphabet, je regarde l'épaisseur du trait de plume, je déplace la plume, je trace avec la plume…

De la Rustique à la Bâtarde... je trouve que sentir le mouvement délicat et envoûtant de la plume est un moment magique, définitif et unique, où je peux exprimer et reproduire - avec ma touche personnelle, avec liberté, passion et affection - tout ce qui fait partie de ma créativité.

Ce sont là quelques unes des nombreuses raisons de mon travail ; quelques unes des idées qui inspirent sa réalisation.

 
 
 
 
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